|   7 minute read

Concrétiser les ambitions de durabilité au Moyen-Orient

Pippa Ganderton, Directrice, ATPI Halo

Pour de nombreuses organisations, le reporting de durabilité est devenu une partie intégrante de leurs activités. Les émissions de carbone sont mesurées, des rapports sont produits et les exigences de divulgation sont respectées. Pourtant, si le reporting est devenu de plus en plus sophistiqué, une question demeure :

Que se passe-t-il ensuite ?

Comprendre les émissions est une première étape importante, mais ce n’est que cela. Les données seules ne réduisent pas l’impact environnemental. Ce sont les décisions que les organisations prennent en utilisant ces données qui déterminent en fin de compte si les ambitions de durabilité se traduisent par des changements mesurables.

Au Moyen-Orient, cette conversation évolue rapidement. Alors que les pays continuent d’investir dans la transition énergétique, la diversification économique et des programmes ambitieux de durabilité, les organisations regardent de plus en plus au-delà de la conformité et se demandent comment la durabilité peut être intégrée dans les opérations quotidiennes.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si les organisations doivent déclarer leurs émissions. Il s’agit de savoir comment elles utilisent ces informations pour améliorer la performance opérationnelle, renforcer la résilience et démontrer des progrès significatifs.

Le reporting devient le point de départ

Le Moyen-Orient a fermement établi la durabilité comme une priorité stratégique.

Les initiatives gouvernementales, les engagements nationaux de neutralité carbone et les cadres réglementaires en évolution encouragent les organisations à mieux comprendre et à divulguer leur impact environnemental. L’introduction de la loi sur le changement climatique des Émirats arabes unis, parallèlement aux ambitions régionales plus larges telles que la Vision saoudienne 2030 et les stratégies nationales de transition énergétique, démontre que la durabilité devient une partie de plus en plus importante du développement économique à long terme.

Dans le même temps, les organisations sont confrontées à des attentes croissantes de la part des investisseurs, des clients et des partenaires de la chaîne d’approvisionnement. Démontrer des références en matière de durabilité n’est plus considéré comme un « plus » ; cela influence de plus en plus les décisions d’achat, les opportunités d’investissement et le positionnement concurrentiel.

Cela se reflète dans les conversations que nous avons avec nos clients dans la région. Les organisations ne se contentent plus de demander comment mesurer les émissions. Au lieu de cela, elles veulent comprendre comment la durabilité peut être intégrée dans les opérations, comment elles peuvent mieux comprendre les émissions de Scope 3 et comment les données peuvent soutenir des décisions commerciales plus intelligentes.

La mesure offre la visibilité dont les organisations ont besoin pour entamer ce parcours. Mais le reporting seul ne devrait jamais devenir l’objectif.

Transformer les données en décisions

Les organisations qui réalisent les plus grands progrès ne sont pas nécessairement celles qui produisent les rapports de durabilité les plus longs ou les plus détaillés. Ce sont celles qui utilisent les données d’émissions pour éclairer les changements opérationnels.

Cela commence par l’établissement d’une base de référence fiable à l’aide d’une méthodologie de calcul du carbone assurée, avant de fixer des objectifs de réduction réalistes et d’identifier les opportunités d’amélioration.

Les données de voyage révèlent souvent des opportunités immédiates que les organisations n’avaient peut-être pas reconnues auparavant. L’examen des habitudes de voyage, la sélection de fournisseurs ayant des références avérées en matière de durabilité, la consolidation de plusieurs voyages en moins de déplacements et l’augmentation de l’utilisation de la collaboration virtuelle, le cas échéant, peuvent tous contribuer à des réductions mesurables sans compromettre la performance commerciale.

Pour les organisations du secteur de l’énergie, il est également important de reconnaître que tous les voyages ne doivent pas être considérés de la même manière.

Les déplacements du personnel sont souvent essentiels sur le plan opérationnel, avec une flexibilité limitée pour réduire les voyages. Les voyages d’affaires, cependant, offrent souvent de plus grandes opportunités d’optimisation grâce à une meilleure planification, une programmation plus intelligente et des politiques de voyage plus éclairées. Comprendre ces différences permet aux organisations de concentrer leurs efforts là où l’impact le plus important peut être réalistement atteint.

La visibilité crée des opportunités. L’action crée des résultats.

La durabilité devient un avantage commercial

L’un des changements les plus importants qui se produisent au Moyen-Orient est la façon dont les organisations envisagent la durabilité elle-même.

De plus en plus, la durabilité n’est plus considérée uniquement comme une exigence de conformité ou une initiative de responsabilité d’entreprise. Elle devient un enjeu de résilience et de compétitivité commerciale.

Les organisations leaders reconnaissent que la réduction des émissions va souvent de pair avec l’amélioration de l’efficacité, le renforcement des chaînes d’approvisionnement et la réduction des risques opérationnels. Une meilleure visibilité sur les programmes de voyage soutient une meilleure prise de décision commerciale, tandis qu’un reporting robuste aide les organisations à se préparer à l’évolution de la législation et aux attentes de plus en plus exigeantes des clients.

L’adoption précoce s’avère particulièrement précieuse. Les organisations qui mesurent volontairement leurs émissions et établissent des stratégies de réduction aujourd’hui se positionnent plus favorablement à mesure que les réglementations continuent d’évoluer sur les différents marchés.

Plutôt que de répondre aux exigences futures sous pression, elles développent leurs capacités dès maintenant.

Du reporting de durabilité à la stratégie de durabilité

Les organisations qui progressent le plus sont celles qui vont au-delà de la durabilité en tant qu’initiative isolée.

Elles fixent des objectifs clairs, établissent des responsabilités, investissent dans de meilleures données et s’assurent que la durabilité est intégrée à l’ensemble de l’entreprise plutôt que de relever d’un seul département. De plus en plus, elles collaborent également plus étroitement avec les fournisseurs et les partenaires pour améliorer la visibilité sur l’ensemble de la chaîne de valeur, reconnaissant que des réductions significatives nécessitent une approche collective.

Les entreprises de gestion de voyages ont un rôle important à jouer dans ce processus. Du reporting avancé des émissions et des données prêtes pour l’audit au carburant d’aviation durable (SAF), aux programmes de compensation carbone et aux conseils stratégiques en matière de politique de voyage, les organisations ont accès à une gamme croissante de solutions pratiques qui soutiennent à la fois les obligations de reporting et la réduction des émissions à long terme.

En fin de compte, le reporting de durabilité doit être considéré comme le début de la conversation, et non sa fin.

Les organisations qui seront leaders dans les années à venir ne seront pas simplement celles qui mesurent les émissions avec le plus de précision. Ce seront celles qui utiliseront ces informations pour prendre de meilleures décisions, réaliser des réductions mesurables et intégrer la durabilité dans la manière dont leur entreprise fonctionne au quotidien.

Retour à la page précédente